Extrêmement curieux et ouverts, nous sommes toujours à la recherche des moyens d’expression les plus diversifiés. En tant qu’artistes nous pratiquons en parallèle la photo, la gravure, la photogravure, le dessin, le collage, l’installation, à travers des petits et de très grands formats. Le Carborundum nous intéresse, dans ce qu’il propose : la richesse des matière, la profondeur des couleurs, le gaufrage.
Cet article n’est pas exhaustif, nous brossons ici une esquisse de quelques méthodes courantes employées pour appliquer le Carborundum, ainsi qu’un historique de la technique. Crée pour nos stagiaires et pour vous, visiteurs de notre site, nous espérons que cet article vous sera utile, tout de suite ou plus tard.
Pour ceux qui ne connaissent pas :
Carborundum – le principe
Le Carborundum un procédé relativement moderne de gravure en relief. On pourrait le rapprocher de la collagraphie.
Pour comprendre le procédé il suffit de s’intéresser à l’origine de son nom. Le matériau de base est de la poudre de carbure de silicium, des grains abrasifs de différents calibres, mélangés avec un liant non soluble à l’eau après séchage (peinture, colle, liant) de manière à les fixer au support.
Le procédé consiste à appliquer la pâte sur une surface lisse, la sécher, l’encrer et l’imprimer.
l’intérêt du Carborundum
Quel est l’intérêt du Carborundum pour un artiste graveur ? Il hésitera sans doute un peu, d’autant plus qu’il s’agit d’une « technique de peintre », dans laquelle on grave guère… Cette technique nous offre une grande richesse plastique et des images toutes en matière mais qui peuvent paraitre assez grossières, comment donc s’approprier pleinement la technique ?
Aux ateliers Migrateurs nous aimons le mix média. À notre sens, suivre le mouvement ne sert que si on sait rapidement prendre des chemins de traverse. Au fil des étapes successives, on est vite tenté de détourner la technicité pour mettre à l’œuvre un cheminement créatif.
Nous proposons assez souvent des stages et formations en Carborundum. Vous pouvez également venir suivre une formation à Gentilly, il vous suffit de nous contacter !

Jean-François Donati
le Carborundum en pratique

La recette ? C’est tout ce qu’il y a de plus simple. Un peu de matière assez épaisse, déposée sur une plaque et le tour est joué.
En séchant le carborundum atteint un très haut niveau de dureté.
Attention : travaillez proprement en posant la pâte, elle est abrasive pour les autres plaques et pourrait les rayer !
Notre prochain stage de Carborundum, se déroule les 24 et 25 mai.
les produits disponibles, le matériel
- poudre de Carborundum, plusieurs grosseurs
- liant acrylique 33 (assez épais) à mélanger à la poudre ou à utiliser seul
- ou de la peinture acrylique
- ou… une pâte prête à l’emploi
- l’eau
- spatules souples, brosses dures
- plaques de plexiglas
- papier 250g minimum
Carborundum – le processus
Pas de réaction chimique ici, le processus est purement physique, voire mécanique. L’image obtenue est à l’envers, comme toujours en gravure, et en relief.
Note : lorsque vous allez à la plage, vous pouvez ramasser un peu de sable fin et faire des essais avec…
où trouver les ingrédients ?
Nous nous fournissons pour cela (et pour d’autres produits) chez Joop Stoop à Paris, dans le 13e. Mais vous en trouverez également ailleurs…
les étapes pour réaliser une gravure au Carborundum
- préparation du plexiglas (on peut légèrement le dépolir ou le griffer à l’endroit ou sera posé le produit, dégraissage à l’alcool ou à la sauce soja
- préparation du produit à la consistance voulue
- pose du produit à la spatule ou au pinceau
- temps de séchage
- préparation du papier – il est important d’en choisir un bien costaud
- rajouts au tait, à la pointe, au burin
- premier tirage – pourquoi pas un gaufrage ?
- encrage
- tirage couleur
astuce 1
Nous vous conseillons d’utiliser la pâte, si vous débutez, il est très difficile de travailler proprement avec la poudre. Celle-ci est abrasive pour les autres plaques et pourrait les rayer ! De manière générale, prévoyez des poupées et des tarlatanes séparées que vous jetterez par la suite.
astuce 2
Testez la résistance de votre papier. Nous utilisons souvent du Hahnemülhe 300g ou du Opal 300g.
aux Ateliers Migrateurs nous expérimentons trois matériaux et trois procédés de Carborundum
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la poudre
Nous aimons cette méthode pour son aspect instructif, celui de faire son mélange soi-même.
la pâte prête à l’emploi
Intéressante par son temps de pose et de séchage, la pâte a néanmoins qu’une seule consistance.e liant acrylique
le liant acrylique
Cette méthode semble moins surprenante, mais la matière est bien là, plus lisse mais irrégulière.
la pose à la spatule
Il faut utiliser un négatif, imprimé sur du transparent. L’image est à l’endroit, pas d’inversion droite-gauche. Oups ! On a oublié l’étape « passage en négatif « ? On peut également se laisser surprendre…
la pose au pinceau
nous conseillons les brosses dures en soie de porc DE ORÉFÉRENCE.
rajout d’autres techniques
La technique du carborundum convient très bien à la couleur et permet de travailler de grands aplats. On peut la combiner avec d’autres techniques de gravure.La technique du carborundum convient très bien à la couleur et de matières et de formes. On peut la combiner avec d’autres techniques de gravure.Si vous souhaitez rajouter du trait, sur les surface lisses du support, c’est possible, à la pointe ou au burin, on peut également retravailler à la roulette, pour obtenir un grain plus fin. Ceci avant ou après la pose de la pâte
.l’encrage
L’encrage de l’ensemble des couleurs pourra ensuite s’effectuer à la poupée ou au pinceau, permettant l’impression de la gravure en une seule fois.
variante : le gaufrage
La matière se prête à un tirage en gaufrage ou avec un encrage partiel…
quelle méthode choisir ?
selon l’effet voulu…
Le choix est là, il est possible de mélanger les effets. Les poudres ont de différentes grosseurs de grain, on peut aussi travailler avec le liant, plus lisse.
selon le temps dont on dispose…
Mélanger la poudre et le liant prend un peu de temps et le séchage en est plus long. On conseille-si possible, un séchage à l’air, pas de sèche-cheveux qui durcirait le produit à la surface, tout en le laissant mou à cœur. Travailler avec la pâte prête à l’emploi est plus rapide. On peut, bien sûr, aller les deux… et là on ne sait plus s’arrêter !
astuce 3
Il faut le prévoir avant l’encrage, car il vous sera impossible de bien nettoyer la plaque et, à moins de travailler avec un cache, vous n’aurez plus jamais du blanc.

un peu d’histoire
La technique fut inventée par Henri Goetz et son ami Eric Schaeffer
L’artiste souhaitait créer un procédé accessible aux artistes non graveurs. Les recherches d’Henri Goetz sur les procédés de gravure à base de carborundum ont permis de se passer des acides et de réduire les temps d’attente. Ses travaux s’inscrivent dans le sillage de la gypsographie de Pierre Roche et de la collagraphie de James Guitet.

quelques artistes travaillant le Carborundum
Voici, plus bas quelques illustrations, ainsi qu’une longue liste de noms. Notre choix, qui n’est il n’est ni objectif ni exhaustif, s’est porté sur ce qui n’a pas déjà été fait, sur l’inattendu et neuf. En cherchant par vous-mêmes, vous trouverez aussi… Tous les travaux sont publiés avec l’aimable autorisations de leurs auteur.e.s.
Henri Goetz, Yves Alcaïs, Alain-Berck-Vitz, Pierre-Marie Brisson , Philippe Charpentier, Antoni Clavé, James Coignard, Pierre Courtin, Dikran Daderian, Frédéric Fenollabbate, Carles Gabarró, Henri Guibal, Serge Hélénon, Ben-Ami Koller, Asger Jorn, Hélène Laffly, Raoul Lazar, Bengt Lindström, André Masson, Jan Meye, Osanne, Max Papart, Marie-Marguerite Petetin, Claude Raimbourg















Pour les curieux – quelques liens vers …
Epectase, un article détaillant la technique
Notre prochain stage de Carborundum, les 24 et 25 mai.